Notices biographiques

Crédit Photo : Maël Le Drast

 

Pierre Laurent ("Tad")

 

Louis Laurent ("Grand-père Louis")

Louis Laurent est né à Brest le 23 janvier 1870. Ses débuts dans la vie sont dramatiques : alors qu'il n'a que deux semaines, sa mère (Gabrielle, 24 ans) voit son mari Charles (38 ans) arriver dans la chambre avec sa jeune soeur (Sophie ?) et lui déclare : "Si tu vas te promener avec ma soeur, je me tue". Quand Charles et Sophie reviennent, Gabrielle s'est pendue à côté du bébé. Plus tard, Charles épousa Sophie.

 

Étudiant en médecine à l'École de santé navale de Bordeaux, Louis prit sous sa protection une jeune fille, Pauline Sica. Ainsi naquit Marcelle (1891-1971). Pour préserver son honneur en vue de se marier avec Jeanne, Louis cacha en être le père (d'où le terme de "nièce" sans l'article cité ci-dessous). Il sera un peu plus tard le témoin de mariage de Pauline et de Ferdinand Tarquin, lequel reconnaîtra Marcelle.

Jeanne, la future épouse de Louis, apprit tardivement l'existence de Marcelle et alla la visiter dans sa boutique bordelaise, sans s'annoncer franchement. Marcelle ne réagissant pas aux perches tendues, Jeanne repartit sans rien dévoiler de leur lien partagé avec Louis Laurent. Elle n'en parla jamais à ses deux fils.

 

Louis Laurent fit carrière comme médecin de marine en Indochine (le Vietnam actuel). Son premier fils se prénomme Louis comme son père, né d'une congaï (jeune femme indochinoise). La naissance de Louis jr fait l'objet de cet article incroyable publié par son père ("Dr. L.") dans la revue L'Initiation de septembre 1897.

Avec Jeanne Baron, appelée « Grand'mère » dans la famille, et qu'il épousa en 1901, il eut ensuite deux fils : Charles, qui fut comme son père médecin général de la marine, et Pierre, qui fut Contrôleur général de l'Électricité de France. Charles et Pierre connurent tardivement l'existence de leur demi-frère Louis, venu plus tard en France avec une partie de ses propres enfants.

Louis (le père) est mort d'une maladie tropicale dans le port de Marseille en 1905, à son retour d'Indochine, avant d'avoir connu son plus jeune fils (Pierre).

 

Louis Laurent est cité par Victor Ségalen (qui l'appelait "le mage aux yeux de braise") dans l’avant-propos de sa thèse de doctorat L’observation médicale chez les écrivains naturalistes (soutenue le 29 janvier 1902).

Jeanne Baron ("Grand'mère")

Jeanne Baron est née à Durtal le 8 janvier 1878, mariée à Louis Laurent le 10 décembre 1901. Elle a perdu sa mère en couche alors qu'elle n'avait que 18 mois. Son père, pharmacien, s'est remarié avec une femme qui n'a pas aimé l'enfant du premier mariage et qui, dira Jeanne, l'a spoliée après le suicide dudit père en 1897. C'est un oncle maternel originaire du Périgord, le docteur Raymond de Béchon, médecin de la ville de Brest, qui prendra Jeanne sous son aile. La jeune fille est inscrite au lycée récemment créé à Brest, lequel n'accueille guère d'enfants des familles bourgeoises qui préfèrent les institutions catholiques.

Un peu obsédée par les complots des francs-maçons (un bisaïeul de son époux fut « garde des sceaux de la loge maçonnique ») de la ville, elle décide de prendre en main l'éducation de ses deux fils, et notamment du petit dernier qu'elle scolarise à la maison jusqu'à l'âge de 8 ans. Cela n'empêchera pas Pierre d'être 7 ans plus tard le plus jeune bachelier de France.

Jeanne Baron terminera sa vie chez son fils Pierre, veuf à 62 ans. A 104 ans, le jour de sa sortie d'hospitalisation pour une fracture du col du fémur, elle mourut en s'étouffant : l'hôpital la faisait manger semi-allongée alors qu'elle avait l'habitude de manger assise… Elle sera restée veuve 77 ans et fut un temps la doyenne de la Bretagne.

 

                                               D'après Michel Tréguer et diverses sources familiales

 
 

Pierre Laurent, en général appelé Tad dans la famille ("Père" en breton), est né le 12 février 1904. Il est le fils de Louis Laurent (1870-1905) et de Jeanne Baron (1878-1982). Louis Laurent, médecin de marine, étant mort à son retour d'Indochine alors que son second fils Pierre n'avait pas deux ans, celui-ci fut élevé avec son frère Charles par leur mère, femme avisée, intelligente et belle. A 8 ans il commençait l'école, à 15 il devenait le plus jeune bachelier de France, à 17 il était reçu à l'examen d'entrée de l'École Navale et à 18 il inté-grait Polytechnique car il ne savait pas exactement ce qu’il souhaitait faire et qu’on lui avait dit que « cette école menait à tout ». Un jour qu'il faisait le "mort" au bridge, il tombe sur une annonce de la Thomson [1] qui proposait un stage aux Etats-Unis. Il postule sans savoir de quoi il s'agissait... et se trouve sélectionné. Il vivra en Amérique la grande crise de 1929.

Charles, Donatien, Pierre, Gabrielle (épouse de Charles), Suzanne

Rentré en France, marié à Suzanne Potiron (1911-1966), une Nantaise, il devait poursuivre sa carrière à Belfort, où sont nés les trois premiers de ses six enfants, puis à Paris, à la Compagnie Générale d'Electricité devenue EDF.

Ses études et recherches le mèneront aussi bien en Russie, où il se fera des amis très chers, qu'au Japon, au Canada, « ce morceau de France qui a réussi », en Arabie saoudite, aux États-Unis et dans bien d'autres pays. Il est spécialiste de la foudre et des grands réseaux internationaux.

 

Découvrant, dans la bibliothèque du collège de la grande banlieue parisienne où il préparait ses concours, une histoire de Bretagne, il fait siennes toutes les causes du mouvement breton, apprenant sa langue sur les mêmes bancs que Roparz Hémon (cours de civilisation et de langue celtiques à la Sorbonne), présidant à Paris un centre culturel où se formeront de très nombreux Bretons, participant à la fin des années cinquante au lancement du Mouvement pour l'Organisation de la Bretagne. Pour lui la France s'asphyxie à force de se vouloir unitaire. Suivant avec sa clarté d'esprit exceptionnelle la situation faite aux minorités dans les divers États d'Europe, il publiera en 1965 un Panorama des minorités européennes où se trouve brièvement évoqué le sort des Albanais du Kosovo. Il présidera durant plusieurs années l'Union fédérale des communautés ethniques européennes. De 1947 à 1956 il est président de Ker Vreiz (« Maison de la Bretagne »), le foyer culturel des Bretons de Paris. Puis élu président de l’Union Régionale Bretonne de l’Environnement (URBE) [2], il entre à ce titre au Comité Économique et Social régional. Il a participé à l’élaboration de la Charte culturelle et à la mise en place de l’Institut Culturel de Bretagne. Il est décoré de l'ordre de l'Hermine en 1991.

 

De retour en Bretagne après avoir prolongé au maximum son activité d'ingénieur, il découvre un projet de lotissement de 4000 logements au Conquet sur les dunes des Blancs Sablons. C'est le début d'une autre aventure militante qui le mènera à la présidence de l'ACORMAT (Association pour la protection des côtes et abers de Corsen à Saint-Mathieu) et au conseil municipal du Conquet avec son ami Georges Kermarrec trop tôt disparu. Outre l'abandon du projet des Blancs-Sablons, les Conquetois lui doivent le report sur la hauteur du lotissement devant initialement border la rive nord de l'étang de Kerjean [3]. Enfin, il jouera auprès du préfet de région un rôle décisif dans l'abandon du site de Plogoff pour la centrale nucléaire qu'EDF voulait y implanter.

 

Pierre et Suzanne (« Mamm ») eurent six enfants : Loeiz, Donatien, Anne, Haude, Tanguy et Marie-Gwenaël. Pierre est décédé à l’âge de 98 ans au Conquet, le 17 novembre 2002. Sa mère Jeanne a vécu dans la famille jusqu’à sa mort en 1982, à l’âge de 104 ans.

 

Il signait tous ses documents Pierre Gabriel LAURENT (Gabriel étant son deuxième prénom).

 

Publications

La Bretagne contemporaine - contribution à l'étude de son évolution. Histoire économique et sociale. Ker Vreiz, Imprimerie Bahon-Rault, Rennes, 1955 (avec Yann Poupinot).

 

Archives

Un Fonds Pierre Laurent a été déposé en 1999 à la Bibliothèque Yves-Le Gallo du Centre de Recherche Bretonne et Celtique (CRBC) de l'Université de Bretagne Occidentale. Il comprend des archives sur le mouvement breton, Plogoff, les minorités en Europe.

Notes :

 

[1] Plus précisément la Thomson-Houston, qui deviendra l'Alsthom (puis Alstom) lors de sa fusion avec la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques (SACM).

[2] Voir le courrier que Pierre Laurent envoya en février 1978, en tant que président de l'URBE, aux candidats aux élections législatives. Où il est question d'une centrale nucléaire à Plogoff… EDF préférant l'implanter initialement à quelques encablures du Conquet.

[3] Voir l'article publié par Marcel Quellec dans le Bulletin communal Le Conquet "spécial patrimoine" n° 90 de janvier 2012 (extraits).

 

 

Loeiz Laurent

Né le 26 septembre 1934 à Belfort et ainé d’une famille de six enfants, Loeiz Laurent a habilement allié sa vie durant rigueur scientifique, légèreté poétique et vision chrétienne de la vie. Ce curieux mélange a créé un CV rempli de postes à responsabilités… et d’anecdotes amusantes.

 

Bachelier à 16 ans. Ayant suivi des études de biologie par passion de l’Evolution et des liens entre l’âme et le corps, on lui prédisait un échec en Physique générale. Au contraire, tirant profit de son côté non matheux (dit-il !), il fut le seul sur 500 à trouver la solution à un problème d’optique, grâce au théorème de Pythagore, laissant tous les autres se perdre dans de complexes équations.

Cette même année 1955, il fut vacataire à quart de temps dans le service du professeur Heuyer à la Salpêtrière, embauché providentiellement par Catherine Popov, veuve d'un disciple de Pavlov. Celle-ci fut désolée de voir partir son collaborateur au séminaire des Carmes… L'étude de l'Hébreu y fut une révélation.

Après trois ans de séminaire, et encore une fois de façon providentielle [1], service militaire en tant qu'officier psychologue à Pont-Réan, à Brest et au Maroc. Retour au séminaire mais départ en fin de quatrième année sur les conseils de son directeur de conscience.

 

Avec la volonté de servir la Bretagne, Loeiz Laurent s'est présenté au concours d'entrée à l'ENSAE, l'école des administrateurs de l'INSEE, avec son seul diplôme de biologie… et la lecture du traité d'économie d'un certain Raymond Barre, lu durant l'été sur la plage. L'examen d'économie portait sur la réévaluation allemande de 1961. Loeiz Laurent n'en avait jamais entendu parler et pensa rendre copie blanche. Surprise à l'oral : l'examinateur était justement Raymond Barre… qui lui dit qu'il avait eu la meilleure note à l'écrit, lui demandant où il avait fait ses études d'économie ! « Sur une plage bretonne… » Quant au jury présidé par Edmond Malinvaud, il a dû être surpris de la démonstration qu'un seul homme ait pu à ce point développer le PIB de la Bretagne au XIXème siècle grâce à l'allongement de la scolarité obligatoire !

 

C'est ainsi que Loeiz Laurent entra en 1964 à la Direction Régionale de l’INSEE à Rennes. Parallèlement membre de la Mission régionale auprès du préfet, expert auprès du CELIB [2], participant aux travaux du Plan et de la DATAR [3], élu communal à Montgermont et au District de Rennes en 1971, secrétaire de l’agence d’urbanisme de l’agglomération, enseignant en statistique et démographie aux psychologues, sociologues, inspecteurs des fraudes, statisticiens agricoles et autres publics. Détaché deux ans en 1972-1974 à la Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie de Bretagne, Loeiz Laurent fut à nouveau chef du service Etudes à la Direction Régionale de l’INSEE en 1974-1975, puis il occupa le même poste à Limoges jusqu’en 1979. Suite à la promesse de se voir attribuer le poste de directeur régional de l'INSEE en Bretagne, il accepte préalablement la Direction du Centre national d’enquêtes du ministère de l’industrie (le STISI) à Caen, où il y resta deux ans.

 

Directeur régional de l'INSEE de 1981 à 1993, il finit sa carrière en tant que chef d’une mission nationale pour la structuration de l’espace, à Rennes, jusqu'à son départ en retraite en 2000.

Impliqué dans la culture bretonne, il a fondé en 1974 avec Jean-Bernard Vighetti, l’ABRI (Association Bretonne des Relais et Itinéraires), bien connue des randonneurs bretons grâce à ses gites d’étape qui jalonnent les sentiers de Bretagne aujourd’hui. Il en fut le premier président, et c’est Pierre Méhaignerie, dont il était l'ami, qui lui succéda.

Loeiz Laurent était aussi membre des conseils d'administration de l'Institut Culturel de Bretagne, du Carrefour des Acteurs Sociaux et de « La Fédération » - Mouvement Fédéraliste Français auquel son père appartenait depuis 1945. On lui doit une étude tout à fait originale et peut-être pleine d'avenir avec la déliquescence des institutions jacobines qu'il détestait : « le pays zone élémentaire de défense » réalisée pour l'Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale. Sa dernière étude avait paru dans les actes d'un colloque de l'Alliance Sociale.

 

Le « pays » fut son combat politique majeur car c’était pour lui l’échelle territoriale adaptée pour être au plus proche de la réalité des habitants et optimiser la dépense publique. Auteur d'ouvrages de référence « Petits départements et grandes régions », « La fin des départements : le retour aux pays » et surtout « Vivre au pays » avec Louis Ergan, directeur de l'AUDIAR [4]. Ce dernier livre devait avoir une vraie influence sur l'instauration du « pays » dans la « loi Pasqua » (1992). Il succéda à Jean Mazé, lui-même auteur de nombreux ouvrages sur les « pays » à la présidence du Comité de Liaison pour l'Action locale et Régionale (CLAR) éditeur de la publication « les Républiques françaises » auxquelles il collabora. Il était membre de bien d'autres associations, dont celle des Géographes de Bretagne, présidée par Yves Lebahy.

Il est décédé à Rennes le 6 août 2015.

Notes :

 

[1] Pour plus de détails, voir son propre récit (rédigé en vue de l'édition de son dernier ouvrage sur la perception des couleurs par le cerveau), ici résumé.

[2] Comité d'études et de liaison des intérêts bretons.

[3] Délégation interministérielle à l'aménagement du territoire et à l'attractivité régionale.

[4] Agence d'Urbanisme et de Développement Intercommunal de l'Agglomération Rennaise.

Principales publications

En faveur de la langue bretonne, un technicien ouvre ses dossiers, Kendalc'h 1969
Bretagne, une ambition nouvelle, avec Louis Ergan et Georges Pierret, Presses Universitaires de Bretagne 1971
Vivre au pays, avec Louis Ergan, Le Cercle d'or 1977
Retour aux pays, rédacteur en chef et auteur, Insee mars 1979
L'emboîtement des espaces homogènes et polarisés, Géopoint juin 1984
Polarisation ou homogénéité des circonscriptions territoriales, RERU 1984 n°1
L'effet chef-lieu ou le pouvoir inducteur de la localisation des services administratifs, Colloque ASRDLF septembre 1984
L'enracinement territorial, colloque en Finlande1987
La réforme des institutions territoriales, La vie judiciaire n°2363, 22 juillet 1991
L'espace breton, ouvrage collectif, dossier d'Octant n°27, Insee Bretagne 1993
Les zonages, enjeux et méthodes, Quatre chapitres, Insee Méthodes n°83, 1998
« J'ai pas joué », Document de travail de l'Insee n° H0003 septembre 2000
La fin des départements, Presses Universitaires de Rennes 2002
Petits départements et grandes régions, proximité et stratégies, L'Harmattan 2011 ■

Loeiz LAURENT et le "droit du cœur"

Dialogue publié par Ronan LE COADIC in La Bretagne dans vingt ans, 2004, Brest, Editions Le Télégramme :

"RLC : Donc, on peut devenir breton ?

Loeiz Laurent : Ah, pour moi, on peut devenir breton, oui.

RLC : Ce n’est ni le droit du sang ni le droit du sol ?

Loeiz Laurent : C’est le droit du cœur !"

 

Nicole Laurent - Catrice

Nicole Laurent-Catrice, née en 1937 dans le Nord de la France, a passé sa petite enfance en Anjou, puis a vécu vingt ans à Paris jusqu'à la fin de ses études supérieures d'espagnol. Elle vit actuellement en Bretagne.

Hispaniste, elle étudie quelque temps la langue bretonne pour des raisons culturelles et personnelles. En 1974, elle rencontre Angèle Vannier et fait partie du groupe qui se forme autour de la poétesse aveugle. Professeur d’espagnol, puis, de 1984 à 1997, chargée de programmation pour la poésie au festival des Tombées de la Nuit de Rennes, poète et traductrice (anglais, espagnol, portugais), elle anime des ateliers d’écriture depuis 1991.

Elle fut secrétaire des Rencontres Poétiques Internationales de Bretagne de 1983 à 1993.

Poète, romancière et essayiste elle a publié une vingtaine de livres, dont certains avec des œoeuvres d’artistes. Le dernier en date s’intitule Du soleil dans les flaques (éd. Donner A Voir, Le Mans, 2015).
Traductrice de poésie, principalement de l'espagnol, mais aussi du portugais, de l'italien et en collaboration du lituanien, roumain, bulgare, hongrois, anglais, on lui doit une dizaine de recueils. Elle aime faire des lectures avec des musiciens et des poèmes-objets.

Principales œuvres

 

* Du fond des âges, avec des peintures d'Isabelle Dubrul, éd. galerie Ombre et Lumière, 2019

* La boîte noire avec des dessins de Frédéric Hubert, éditions Le Petit Véhicule, Nantes, 2019

Quatorze intellectuels espagnols du XXème siècle, de Antonio Otero Seco, avec des caricatures de Mariano Otero, traduction de l'espagnol, éditions La Part Commune, 2019)

* від столу до престолу, anthologie en ukrainien, traduction Dmytro Tchystiak, éditions Samit-Kniga, Kiev, 2018

Demeure d'Angèle Vannier, essai, éditions Sauvages, Quimper, 2017

* Un front de feuilles, éd. La Part Commune, 2016

* Elle rit vit erre, livre d'artiste avec Isabelle Dubrul, 2015

 * Seconde anthologie poétique/Segunda antología poética, édition associative Clapàs, 2012

* Le destin d'Ernestina de La Cueva, roman, éd. La Part Commune, 2011

* Les gants de velours, roman, éd. Le Petit Pavé, Angers, 2010

* Cairn pour ma mère, éd. La Part Commune, 2008
* Autodafé du temps, éd. Carré d'encre, 2006
* La Part du feu, éd Maison de la poésie d'Amay, L'Arbre à paroles, 2005
* Angèle Vannier et la Bretagne, éd Blanc Silex, 2004
* Table et retable, éd Maison de la poésie d'Amay, L'Arbre à paroles, 2003
* Antología poética, Éd. associatives Clapàs, 2002
* Corps perdu, éd Maison de la poésie d'Amay, L'Arbre à paroles, 2001
* Corps perdu, gravures Isabelle Dubrul, atelier Tugdual, 2001

* La Sans visage, ERE, 1996
* Anthologie de la poésie irlandaise du XXe siècle, sous la direction de Jean-Yves Masson, Verdier, 1996
* Liturguia za kamaka, 1995
* Je de cartes, 1992
* Liturgie des pierres, Éditions du petit véhicule, 1989
* Deuil m'est seuil, Éd. Caractères, 1987
* Amour-miroir, 1983

* Paysages intérieurs, 1980

 

Donatien Laurent

Fils de Pierre Laurent et de Suzanne Potiron, Donatien est né le 27 septembre 1935 à Belfort. Son parrain sera son grand-oncle Georges Hourdin, fondateur notamment de Télérama, La Vie, Le Monde des religions, Croissance des jeunes nations…

 

La famille s'installe peu après à Paris, au 44 rue de Fleurus, non loin du jardin du Luxembourg. Mais au début de l'Occupation la mère et les enfants rejoignent les grands-parents maternels à Nantes. Donatien apprend à lire chez les demoiselles Grillet dont l'appartement fait face à la maison du grand-père notaire, près de celle du compositeur Paul Ladmirault qui a appris le piano à sa mère. Puis, avec son aîné Loeiz, on le confie pendant un an à sa grand-mère paternelle brestoise réfugiée à Josselin (56).

De retour à Paris, durant ses années de lycée, Donatien fréquente la diaspora bretonne et découvre la culture celtique par la musique. C’est dans ces milieux bretons au sein de la capitale française que la famille Laurent rencontra au début des années 1950 Georges Cochevelou et ses fils Jean (Yann), Yves (Ifig) et Alain, le futur Alan Stivell [1].

Au lendemain de la guerre le groupe scout Bleimor (« Loup de mer ») est fondé par Pierre Géraud (Perig Keraod). Les frères Laurent y font leur entrée en 1950 en même temps que Gwennolé et Erwan Le Menn. Dans les rangs de Bleimor on donne les ordres de marche et on chante en breton. Les enfants Laurent, garçons et filles, s’initient de surcroît aux danses bretonnes chez un Briochin du nom de Le Guen. Mais Donatien est surtout attiré par la musique instrumentale et intègre au sein des scouts le Bagad Bleimor. Il en devient le penn soner (sonneur en chef).

 

Donatien sonne en effet depuis ses 13 ans environ. Juste avant ses 17 ans il fait partie du premier voyage du groupe Bleimor outre-Manche, d’abord au pays de Galles où il assiste à l’Eisteddfod d’Aberystwyth, puis en Écosse où il découvre les Highlands Games et visite le College of Piping de Glasgow. La révélation de la tradition savante écossaise le bouleverse tant que l’année suivante (1954) il sollicite et obtient une bourse Zellidja pour aller étudier dans l’île de Skye, aux Hébrides, l’histoire du clan MacLeod dont les sonneurs héréditaires, les fameux MacCrimmon, ont créé au XVIe siècle à Boreraig le premier collège de sonneurs d’Écosse.

 

Pour ses études supérieures, il intègre une classe de philosophie et s’inscrit au cours de philologie celtique d’Édouard Bachellery à l’École Pratique des Hautes Études où il fait la connaissance d’un autre auditeur libre, professeur de lycée : Léon Fleuriot. Mais il n’est guère envisageable, en ces années d’après-guerre, que les études celtiques puissent nourrir leur homme. Et se succèdent donc, après le baccalauréat, une année de droit, une autre à Sciences Po, puis finalement deux années d’anglais en Sorbonne. Il est en train de préparer un travail de linguistique générale sous la direction d’André Martinet lorsqu'il est victime d’un grave accident.

 

Pendant des vacances à La Baule, le 24 avril 1957 – il a 21 ans – alors qu’il se promène à bicyclette, il est heurté de plein fouet par un camion et projeté à plusieurs mètres, inconscient. Il n’a aucune fracture, mais le cerveau a été entièrement déplacé sur le côté et le centre du langage est apparemment touché. On le trépane pour évacuer le liquide cérébelleux. Au bout de 18 jours, un miracle : il se réveille, est vivant… et n’est pas muet.

Un médecin « expert » de la Sécurité Sociale lui ayant interdit implicitement toute profession de haut rang, Donatien décide de se consacrer entièrement à sa passion de toujours : la tradition bretonne.

Donatien s’inscrit donc à des cours d’ethnologie au Musée de l’Homme. Il fait notamment la connaissance de Jean-Michel Guilcher en qui il reconnaît « le premier de ses maîtres ». Trois ans plus tard, son professeur André Leroi-Gourhan lui propose de rejoindre, à titre d’ethnologue, les nombreux chercheurs du CNRS qui mènent depuis déjà un an à Plozévet une vaste enquête multidisciplinaire. Il fait ses bagages pour le pays bigouden, commence ses premières enquêtes sur les gwerzioù – il est le seul bretonnant dans l’équipe ! – et fait la connaissance de l’historienne Françoise Prigent… qu’il épouse (photo ci-contre)..

À l’issue de ces premiers travaux, il entre au CNRS. Trente ans plus tard, après avoir pris rang parmi les trois ou quatre plus grands contributeurs à l’étude de la tradition orale armoricaine, il accédera au titre de « directeur de recherche » et dirigera pendant douze ans le Centre de Recherche Bretonne et Celtique au sein de l'Université de Bretagne Occidentale.

 

C’est au manoir de Keransquer, près de Quimperlé (Finistère), propriété de la famille de La Villemarqué, que Donatien Laurent et le colonel de La Villemarqué retrouvent en 1964 les carnets de collecte sur lesquels le vicomte Théodore Hersart de La Villemarqué avait recueilli les chants qui ont servi de base à la rédaction du Barzaz Breiz. Cette découverte fera l’objet, dix ans plus tard, d'une thèse soutenue en 1974 (suivie d'une version publique publiée quinze ans plus tard, en 1989, sous le titre Aux sources du Barzaz-Breiz, par les éditions ArMen.).

En 2010, il est distingué par l'Institut culturel de Bretagne pour son œuvre en faveur de la Bretagne en recevant le collier de l'ordre de l'Hermine.

 

En 2014, un jardin Donatien Laurent est inauguré à Locronan.

 

D'après Chances et génie d'un trépané. Aperçus sur la vie de Donatien Laurent, Michel Treguer, et diverses sources familiales.

Notes :

 

[1] Sur les liens entre les deux familles Laurent et Cochevelou, voir le dossier publié in Le Canard à l'oran… n°1, hiver 1982. Où l'on se souvient de l'existence de la machine à écrire…

Publications

*La gwerz de Louis Le Ravallec, Arts et Traditions Populaires, 1967. 1. p. 19-79

*La gwerz de Skolan et la légende de Merlin, revue Ethnologie Française, n°1, 1971, p. 19-54

*Berc'het, la déesse celtique du Menez Hom, 1971, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère

*Aux origines du Barzaz-Breiz, BSAF, 1974

*Autour du Barzaz-Breiz : Le Faucon (Ar Falc'hon), BSAF, 1977

*Aymar de Blois et les premières collectes de chants populaires bretons, 1977, Cahier de l'Iroise

*Récits et contes populaires de Bretagne, réunis dans le pays de Pontivy ; P.,

Gallimard (coll. Récits et contes populaires), 1978.

*Aux sources du Barzaz-Breiz : la mémoire d’un peuple, Ar Men, 1989, 335 p.

Version publique de la thèse soutenue, quinze ans plus tôt, en 1974.

*Chant historique français et tradition orale bretonne, dans Autour de l’œuvre de Patrice Coirault, Actes du Colloque de Poitiers, novembre 1994, p. 64-83.

*La Bretagne et la littérature orale en Europe (en collaboration avec F. Postic),

Actes du Colloque de Quimperlé, mai 1995, CRBC-Manoir de Kernault, 293 p.

*Le juste milieu : réflexion sur un rituel de circumambulation millénaire,

dans Tradition et Histoire dans la culture populaire, Grenoble, 1990, p. 255-292.

*La cime sacrée de Locronan, dans Hauts lieux du Sacré en Bretagne, Kreiz 6, 1996, p. 357-366.

*La Nuit celtique, entretiens avec Michel Treguer, Presses Universitaires de Rennes,

éd. Terre de Brume, Rennes, 1996

Liens externes

Annexes et liens externes

Annexes

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© 2015 by Yanaëlle LAURENT

 

Dernière mise à jour : 30 mai 2020

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